Amants virtuels
Pendant le week-end, j'ai à peine pensé à Anthony, me disant que c'était sympa d'avoir eu de ses nouvelles, pensant que ça s'arrêterait là. Comme avec beaucoup de contacts, une fois la “joie des retrouvailles” passée, on n'a plus grand chose à se dire. Le tour des nouveautés fait, il devient difficile de trouver un sujet de conversation qui permet d'approfondir ces retrouvailles. Mais contrairement à ce que je pouvais croire, rien ne se passa comme prévu avec lui.
Le lundi la vie reprit son cours, comme je me doutais, sans même réellement y penser, je n'ai pas eu de nouvelle. Puis le mardi contre toute attente, j'ai reçu un mail d'Anthony qu'il avait intitulé “kikou”, sa marque de fabrique, ce dont je me suis rendue compte par la suite. Il prenait de mes nouvelles, je lui répondis sur le temps du travail. Le travail, notre lieu de prédilection pour échanger en toute tranquillité. On pouvait se permettre de discuter sans risquer de se faire prendre, si ce n'est par les collègues et patron, mais c'était quand même beaucoup plus confortable que de savoir les conjoints tourner autour de nous.
Rapidement, nos mails sont devenus une habitude, dès la première semaine. Je m'empressais à chaque instant de regarder si j'avais reçu une réponse. Il devait faire de même car ses réponses n'étaient jamais longues à venir. On a appris à faire plus ample connaissance ainsi. Le feeling était vraiment bon. On se racontait brièvement nos week-ends, nos soirées, nos petites habitudes, sans jamais pourtant parler vraiment de nous. On rigolait bien, plusieurs fois à mon travail on m'a prise en train de rire toute seule, ce qui n'était pas facilement justifiable.
Puis rapidement on en est venu à des questionnaires pour apprendre à mieux nous connaitre, du moins partiellement, connaitre nos gouts, nos films préférés, ce qu'on mangeait le matin, ce qu'on aimait comme légume, ce qu'on portait en sous vêtements, comment on dormait, toutes ces questions qui n'ont au fond pas vraiment d'importance mais qui nous permettait de rester en contact tout en s'amusant.
Rapidement une relation de confiance s'est installée entre nous et de façon implicite on a décidé de garder cette relation, bien que chaste, secrète.
Pour ma part, si j'en suis arrivée là, c'est que pour une fois, j'avais envie de garder quelque chose rien qu'à moi, je voulais vivre cette histoire librement, sans avoir à me justifier, à raconter ce qu'on s'était dit. Je pouvais parler avec Anthony en toute liberté, aborder tous les sujets sans restriction et c'est surement ce qui m'a poussée vers ce chemin…